Pour prendre conscience du rôle essentiel joué par le sous-sol dans les archives des Hommes, il faut se rappeler que Lascaux a 17 000 ans, Cosquer 22 000 et la superbe “Chauvet” 32 000 ! Pourtant le style et la finesse du travail sont pratiquement identiques dans chacune de ces grottes; c’est extraordinaire en soi. Pour en juger, notons que l’application du simple effet de perspective en peinture se situe seulement au milieu des deux millénaires dans lesquels nous vivons. Donc, c’est comme si ces gens des grottes n’avaient pas évolué au cours des dizaines de milliers d’années de leur fréquentation. Cela ne s’est jamais vu ailleurs. C’est pour cela que je veux mettre en avant cette culture pariétale en fait récemment découverte et amplifiée, cependant mal fouillée d’autant plus qu’il n’y a pas dans ces lieux de notice explicative d’origine. Il y a pourtant, là, un fait essentiel dans l’étude du Vivant. En outre, on peut s’interroger sur la stabilité qualitative de l’oeuvre pariétale contrairement aux énormes bouleversements de l’environnement. Cela mérite plus qu’un vague intérêt admiratif. Qui prête attention au fait que l’Homme dit des cavernes fut davantage un artiste animalier que portraitiste des humains ? Encore que l’on vienne de découvrir un présumé visage en mi-2006 en France. Ce ne peut-être sans raison, d’autant plus que, pendant cette même période et plus près de nous encore, la sculpture de la Femme - quand on en voit - reste une énigme tant elle est grossière. Oserais-je dire qu’il y a discordance dans l’application du report artistique ? Si l’on partage ma remarque, il serait bon d’essayer d’en comprendre les raisons.

Au passage, constatant la représentation physique à l’identique, on doit noter que même non rattachés à une religion type monothéiste - et pour cause - les hommes de ce temps n’étaient pas gênés pour dessiner le vivant. On voit même au Sahara des dessins vieux semble-t-il de plusieurs millions d’années (?) dont notamment une fois une silhouette schématisée ayant un sac au bras ! Bien sûr, il s’agit d’un raccourci d’analyse et je ne serai pas défenseur d’une théorie faisant remonter le grand maroquinier Hermès aux temps préhistoriques, mais cela mériterait une étude plus poussée que l’on se garde bien de faire. Entre nous - et c‘est une affaire personnelle - , vu le comportement de certains de ses dirigeants, je me demande s’il n’y a pas quelque gène préhistorique survivant chez Hermès…

Les parois des grottes de plus en plus découvertes sont une sorte de cri témoin. Il n’en a pas été de même plus tard, quand l’Islam apparaîtra. Il rejette toute représentation du Vivant. La situation actuelle pour un Musulman lui paraît normale, or il lui manque quand même l’enchaînement chronologique de l’interdiction farouche. Un Imman de mes amis me répondait que le Prophète avait instauré ce rejet par respect de l’action créatrice de Dieu et que cela n’avait pas à se référencer du passé. Certes, mais quand on veut faire une analyse en profondeur a posteriori on est obligé d’introduire cette rupture dans la chaîne naturelle d’expression du Vivant. Au pire, on pourrait en déduire que l’accommodement est possible ! D’ailleurs, c’est en terre même d’Islam, en Anatolie (Masat-Höyük, col de Karabel, Hanyeri, notamment) que l’on trouve une belle collection de gigantesques personnages sculptés à même la montagne !

Mais au-delà de la représentation murale, le milieu troglodytique réserve d’autres surprises sur la compréhension du Vivant. Dans ce que j’appelle une action intelligente, modeste et quasi banale mais puissante dans ses effets, je m’arrête sur une expérimentation faite sous le Jardin des Plantes, dans une ancienne carrière. Découverte en 1895, explorée en 1896, inaugurée en 1897, cette cavité souterraine servit de laboratoire. Un certain Armand Viré voulut y étudier l’adaptation et les mutations d’insectes pris à la surface et élevés dans ce milieu cavernicole. Bonne idée. Il semble que l’obscurité contribua à réduire la capacité des organes de la vision et à augmenter celles de l’audition. Résultat logique qui va dans le sens que j’ai donné d’une adaptation permanente de la nature vivante. Logique aussi fut la réaction des autres chercheurs et du destin. Hostilité bien sûr. Inondation, guerre, jalousie, Viré fut - en application des fantaisies de son nom - purement “viré” !

A cette occasion on peut voir combien est stérile l’opposition des courants au sein de chaque religion. A cette échelle, quelle importance peut avoir telle ou telle nuance ? Dans l’Hébraïsme, la Chrétienté ou l’Islam, il y a une foule de distinctions que je n’ose même pas évoquer, distinctions qui, chez les uns et les autres, sont allées (et vont encore) jusqu’aux drames les plus sanglants. Il y a mille bons ouvrages sur ce grave sujet et je ne me risquerai pas d’entrer dans le moindre détail. L’importance de mon ouvrage est précisément d’oublier tous ces faits graves en apparence mais mineurs eu égard au but que je recherche. Il en va ainsi, par exemple, avec la ressemblance frappante dans la conception d’un ostensoir espagnol du 16e siècle et d’un “arbre à graal” babylonien. Curieux.

Il faut relever quand même chez les 3 grandes religions monothéistes un point commun intéressant, c’est le rejet de l’idolâtrie. J’en parle là parce que je suis resté impressionné par des objets de sculpture maladroite, retrouvés souvent enfouis (d’ailleurs rarement dans des grottes) pouvant faire incliner vers une sorte de déesse-mère. La démarche zoomorphe égyptienne peut s’en rapprocher et on ne peut oublier l’affaire du “veau d’or” de Moïse. Bref, je veux faire du négatif un positif : l’idolâtrie ne trouve pas de justification dans le monde souterrain lequel confirme au contraire un immense élan vers la transcription du vivant, un vivant animé. Je ne veux pas déraper mais il serait difficile de laisser de côté l’aspect “idolâtrie” de l’adulation que manifestent beaucoup d’individus vers un personnage réel, mystique ou fascinant. A tort ou à raison, des êtres comme Alexandre, Napoléon, de Gaulle, Hitler, Mitterrand, Jean-Paul II, Mahomet, fanatisent de grandes foules à travers le temps. C’est rarement seulement religieux mais il en va ainsi. Hormis les deux derniers cités, cela repose sur une emprise nettement laïque mais elle montre le pouvoir de la communication. Ce que de Gaulle appelait la “magie du verbe”.

Un peu dans le même domaine, et surtout dans l’étude des volumes du sous-sol, on ne peut oublier les “runes”. Ce sont des signes, peut-être pictogrammes évolués, datant assurément de la préhistoire : dans la vallée des merveilles au-dessus de Nice, à Glozel, etc. Pour des “initiés” ou adeptes, aux comportements excessifs et par là-même stériles, les runes sont des dessins actifs donnant lieu à des pratiques incantatoires. Laure Clément y voit des énergies sacrées s’inscrivant dans une “roue de médecine”. Odin, Dieu Suprême (connu aussi sous le nom de Wotan), articulerait l’effet des runes. Mon avis est dans le droit fil de ce que j’ai expliqué jusque là : “Wait and See”. Pour autant, je ne nie pas qu’il y ait quelque chose d’important dans le jeu de ces graphismes et c’est une raison supplémentaire de travailler sur les jeux d’ondes qui ont tant à donner, éclairant la voie de ce que nous voulons décrypter. Pour moi, les runes ne sont pas une fin en soi, mais le moyen d’aller plus loin, car peut-être plus riches que les glyphes Mayas. Dans le numéro 375 de la revue des “Amis de la Radiesthésie”, Raymond Terrasse, toujours pertinent, relève aussi la constance du message de la pierre et l’osmose démontrée entre l’expression pariétale, les Druides, la planète et les constructeurs d’oeuvres gigantesques sur lesquelles nous nous interrogeons toujours. Je reviendrai sur ce point en fin de chapitre.

Les interrogations existent aussi en ce qui concerne la salle en forme de grotte sous la pyramide de Chéops. On la connaît parce qu’elle est desservie par un couloir. Celui-ci n’est pas dissimulé mais il aurait sans doute dû l’être à l’origine. J’ai donné une réponse à ce volume souterrain dans lequel je vois une maquette au cinquième, retournée, d’un ensemble autrement plus conséquent et soigneusement décrit dans mes précédents ouvrages. Mais je ne néglige pas l’interprétation qui voudrait y voir le symbole de la matrice de la déesse-mère; mais il faudrait soigneusement adapter, relier, extrapoler, car on entrerait dans un mythe présenté toujours trop succinctement et trop rapidement pour être retenu en l’état.

D’ailleurs, il faut se demander comment avaient pu travailler les concepteurs et les réalisateurs de cette oeuvre souterraine égyptienne, car il y a un réseau complet et complexe ? Leur tracé apparaît sur les dessins de sous-sol, restitués par notre méthode, qui montrent l’existence de plusieurs niveaux de travaux. Etrange précision alors qu’avec des “calques” successifs, plus rien ne serait discernable. Alors comment ont procédé les architectes-constructeurs ? Au minimum, ce serait le fruit d’une technique en C.A.O. ou bien une capacité de lire sur plusieurs plans superposés c’est à dire d'avoir en temps réel la perception simultanée de chacun des niveaux ? Comme Mozart, sans magnétophone pour enregistrer et mémoriser, pouvait composer la partition de chaque instrument. Cette géométrie terriblement précise pourrait laisser croire aux gens, simples exécutants, que les tracés venaient ... d’en Haut. Cette analyse pourrait aider à comprendre l’étrange prédiction : "Ne pourront pénétrer dans ces salles que les personnes ayant la connaissance de ces mystères et de ce passé lointain, et surtout ceux qui sauront ouvrir le sceau magique de l'entendement. "

Pour mesurer l’impact de l’entendement et rester dans le pariétal, je tiens à rapporter une observation de Roger Corréard qui relate l’existence d’empreintes fossilisées sur un chemin conduisant au sommet de la Pique. Il s’agit de monstrueuses traces de pattes de batracien présumé qui pourrait alors faire dans les 2 mètres de haut. Image inquiétante. Avant d’aborder en fin de livre les conséquences des termes “Ma soeur l’Araignée”, je veux rester en permanence imprégné de cette inquiétante image de ma soeur la grenouille... Puisque j’ai cité l’ami Corréard je dois préciser que c’est lui qui maîtrise l’histoire de Théopolis, lieu étrange. Il y a d’ailleurs tous les 6 juin, un rassemblement en ce site mythique

C’est dans ce même esprit que je pousse l’étude pariétale du Vivant jusqu’à certaines constructions, autre forme de cheminement de la pensée. Je relève l’étrangeté du château de Chambord si bien décrypté par Didier Coilhac comme il l’explique dans son livre “Le Secret du Roi François Ier”. J’ai souvent évoqué ce monument mais faute de pouvoir en tirer une déduction susceptible de servir ma présente étude je ne voulais pas y revenir. Néanmoins, comme pour me rappeler à l’ordre, je retrouve une phrase de Charles Quint, ennemi mais parent de François Ier (protecteur de Léonard de Vinci) à l’issue de sa réception-visite au château : “... c’est un abrégé de l’industrie humaine...”. Belle remarque qui confirme cette notion d’indice fondamental qu’est Chambord. Je le mets donc, ainsi que d’autres, dans l’inventaire des données écrites dans la pierre, concernant la chaîne du Vivant.

Afin de ne rien oublier, je voudrais faire allusion aux Volcans. D’abord ils nous ramènent aux réalités d’un sous-sol actif et communicatif, ce que l’on oublie. Mais surtout, ils nous impressionnent et laissent des traces tangibles au sol. Mais que sont-ils par rapport aux mouvements de terrain qui, en des millions d’années, ont fait émerger des fonds de mer devenus maintenant montagnes aux fossiles marins ?

Comme pour m’aider à terminer ce chapitre, les Postes Françaises ont émis un timbre sur la grotte de Rouffignac. Elle rappelle que, découverts il y a seulement 50 ans, ses 8 km. de couloirs nous exposent une véritable ménagerie préhistorique avec plus de 150 mammouths ! La finesse du tracé - impensable pour ces temps d’il y a 10.000 ans - impose le constat inéluctable d’une forte imprégnation de talents transférés, obligatoirement venus d’avant ou d’ailleurs.

Enfin, au-delà des constats bien concrets je veux dépasser l’image statique du Rupestre pour entrer dans l’interrogation sur sa construction. Encore une fois, tous s’interrogent sur les intentions des constructeurs ou aménageurs, mais la question reste toujours sans réponse étayée, chacun s’accommodant fort bien d’un report sine die des suites de l’interrogation. Je suis certain qu’il faut aller très loin dans les hypothèses afin d’être à la hauteur des enjeux. Pour attirer l’attention, je vais illustrer d’une anecdote, une seule mais puissante. C’est l’emphase du discours du président , à Lascaux précisément, ce Lascaux cité plus haut et figurant sur le nouveau méridien zéro trouvé par Gruais-Mouny ! Qu’y a-t-il donc là ? C’est sur les bords d’une fouille archéologique au mont Beuvray que François Mitterrand - en prélude peut-être à son séjour à Assouan - déclara aimer plonger dans les siècles des siècles. Rien que ces derniers mots prennent une singulière élévation, mais le sort une fois de plus étouffa la portée du message. En effet, un raz de marée venu d’un article dans Le Monde accaparait l’attention mondiale sur le sabotage du Rainbow Warrior. L’actualité l’emportait sur le Passé. Aurais-je été un des rares à garder la tête froide ? Je me le demande. Car, en rappel permanent de cette affaire j’en rencontrais bizarrement les protagonistes. D’abord Charles Hernu, ministre de la Défense, “démissionné” puis créateur du GERMES. Je l’avais connu et reçu avant, ensuite c’est lui qui m’invita comme pour ne pas rompre le fil. Je retrouvais presque naturellement un de nos agents secrets récupéré et affecté à l’Ecole Militaire, puis plus tard une des chevilles ouvrières de l’opération. Cela fait beaucoup surtout quand je vois l’affaire revenir dans l’actualité par l’annonce d’une parenté avec une candidate socialiste à la “présidentielle”... Mais cette fois, je n’ai pas de contact direct, il ne faut quand même pas trop demander... En superposition, pour rester dans le cadre de mes investigations, je remarque qu’on ne fait que m’interroger régulièrement sur ce méridien zéro, le méridien retrouvé de Lascaux, si précieux dans le travail de reconstitution des posés d’OVNI de Raymond Terrasse.

Qu’ont à nous révéler - et pour nous conduire où - ces volumes souterrains et les menhirs de plusieurs tonnes ? Ces derniers me ramenant à la surface, j’en profite pour insister sur l’importance de la connaissance ainsi manifestée des Anciens pour des régles seulement retrouvées aujourd’hui. Je comprends la réaction de Claude Burkel et du Dr Euan Mackie qui voient dans ces monolithes : des “monuments d’orgueil” servant simplement à démontrer un “savoir-faire”.