Je sais bien qu’il y a le phénomène “phéromones” que j’ai traité maintes fois et qui semble tomber du ciel pour le public. C’est peut-être le cas. On sait maintenant que ces phéromones sont des sécrétions naturelles. Longtemps niées -elles aussi- ces sécrétions se passent également au niveau de l'Homme et auxquelles réagissent d'autres êtres. On admet désormais que, dans un zoo, les gardiennes ou femmes d'entretien, aient leurs règles en même temps que les guenons... Belle leçon de modestie quand on regarde avec condescendance nos cousins les singes. Donc des chercheurs ont établi l'existence et l'émission de composants, apparemment inodores, provenant de toutes les parties du corps, dont le transfert près du nez d'autres personnes entraînait un changement dans les rythmes. On peut souligner que J.P Noël et A. Guidoni, dans QUO d'Avril 1999, rapportaient que les phéromones étaient émises par de multiples parties du corps dont les paupières, lèvres, aréoles et prépuce, ce qui pourrait entraîner vers d’autres réflexions. Mais le temps et la place manquent en ce livre déjà fort (trop) chargé où je comprime sans arrêt les interventions que me suggère quelque destin malicieux. Tout se tient donc malgré des aspects décousus. Cette remarque est peut-être à introduire dans les mécanismes d’ondes ou autres que nous commençons seulement à découvrir et à maîtriser. C’est comme pour les nombres irrationnels, ils ne le sont peut-être pas autant qu’on le croirait et, l’heure venue, peut-être seront-ils expliqués par une clef nouvelle.

Le boeuf ne serait-il qu’un transformateur de protéines ? Assurément oui. Le bovin broute des herbes, se fait du muscle que nous mangeons. Merveilleux boeuf transformateur de protéines que nous, nous transformons en énergie et personnalité. Alors ne serait-il pas plus logique de manger les herbes (adaptées) directement ? Le raccourcissement du circuit entrerait bien dans un concept rationnel et serait peut-être un des moyens possibles d’échapper au dramatique principe du “vivant qui se nourrit du vivant”. Connaissant les risques (pour l’Homme) d’une nourriture carnée, on peut penser raisonnablement que ce raccourci végétal irait dans le sens d’acquérir une meilleure santé physique pour cet Homme qui est quand même le plus évolué des animaux de notre bonne Terre.

Contrepartie du confort de ce circuit-court, il y a un peu de risques collatéraux. On a connu le “veau aux hormones”, la vache folle (Creutzfeld Jacob), la tremblante du mouton (Prion) et la grippe aviaire (H5N1). Je me souviens de la première manifestation de celle-ci. Je me trouvais à Hong-Kong et tous les restaurants avaient, en urgence, rayé le mot chicken qui était vraiment incontournable dans leurs cartes. Cette rature formelle sautait horriblement aux yeux. Le pire et cela me faisait rire jaune - c’est le cas de le dire - les crevettes dès lors s’imposaient. Or, même si personne n’y prête attention, la plupart des élevages de crevettes se font dans des bassins situés un peu en dessous des enclos à volailles dont les déchets aidaient à nourrir les crevettes. Circuit astucieux et économique, naturel certes, mais qui peut garantir que le virus n’était pas transmissible ? Je n’ai jamais pu avoir de réponse officielle des supposés spécialistes à qui j’ai posé la question... Je n’oublierai jamais l’air ahuri de l’un d’eux à qui j’avais eu le malheur de dire que notre soeur la volaille nous avait joué un méchant tour !

Je n’ai évoqué là que ceux des animaux comestibles. D’autres que nous ne mangeons pas apportent aussi leur lot de nuisances : les moustiques qui, supports connus de la malaria, ajoutent aujourd’hui l’épidémie de chikungunya. Cela commence aussi par Chikun mais rien à voir avec chicken malgré une phonétique proche. Ces moustiques piquent allègrement les Réunionnais et ont été soigneusement étudiés par le Docteur Philippe Quenel, remarquable épidémiologiste et fils d’un de mes amis. L’économie de l’île, basée sur le tourisme, en a pris un sérieux coup. N’oublions pas que, plus loin après les océans, d’autres moustiques s’en donnent allègrement pour nous instiller d’autres virus. Animal banal et pourtant effrayant, la pieuvre est un crustacé qui a perdu sa carapace à travers les diverses mutations sur lesquelles j’ai mis l’accent. Elle étend ses tentacules qui nous fascinent. Celles-ci, coupées à la suite de combats par exemple, peuvent se refaire comme pour l’étoile des mers à l’instar - si l’on passe au “terrestre” - de la queue du lézard, fait plus connu. Ce qui l’est moins, c’est que l’étoile des mers n’a pas de cerveau, l’oursin non plus. Je devine que quelques uns souriront en pensant à moi…

Cette merveille qu’est la vie et son organisation oblige à entrer dans certains détails parce que l’on a trop tendance à banaliser. Ainsi, on sait que la mouche a une vision prompte que l’on constate aisément à son départ lorsque notre main, même rapide, arrive vers elle. Pourtant les yeux de notre mouche n’ont que 3.000 pixels et un écart angulaire d’un ou deux degrés entre chaque facette de l’oeil, ce qui est ridiculement faible par rapport aux yeux humains ou à n’importe quel appareil photo numérique. Alors comment fait-elle pour évoluer dans les 3 dimensions à une vitesse qui, rapportée à elle, équivaudrait 8.000 km/h pour nous ? Chaque facette a des cellules photosensibles spécialisées, gauche/droite, haut/bas, d’où une réaction ultra rapide. La solution n’était pas dans l’ensemble mais dans le jeu du détail. Fasciné - on le sait - par les dinosaures, je suis maintenant intrigué par l’autre bout de la chaîne (en taille), la mouche. Il y en aurait 135.000 espèces ! Alors, quand certains suggèrent des sortes de microbes possibles dans la fameuse planète jumelle de la Terre découverte hors le système solaire, je m’inquiète car la vie pourrait aussi bien avoir la forme de mouche... L’équipe de M. Nicolas Franceschini, du CNRS Marseille, a mis au point des robots utilisant la même affectation des facettes et neurones. Elle saute de la sorte les étapes lourdes (en temps et en énergie) qu’imposeraient d’autres mécanismes de mesure et réaction. Au-delà du robot, ces effets rapides et peu onéreux serviront bientôt pour des applications propres aux avions, véhicules, etc. A l’image d’autres innovations, on voit que tout ira vite et on en oubliera même... la mouche, elle-même supplantée par la Puce. Tout le monde a dû rire en découvrant les formules magiques de jadis, dans lesquelles par exemple on voyait l’emploi de bave de crapaud. Eh bien, on a ri trop vite, car c’est bien de la bave de limace ou d’escargot (Helix Pomatia) qui, chauffée, séchée, pulvérisée est à la base de sirops... remboursés par la Sécurité Sociale.

Arrivé à ce stade d’analyse du monde animal, il n’est pas inopportun de souligner davantage ses liens avec l’Homme. Je suis assez familiarisé avec cet aspect. Je m’en explique car cela montre en même temps la méconnaissance quasi générale du sujet. J’ai eu l’honneur - et le plaisir - de présider l’Association des Auditeurs de l’IHEDN pour une grande région économique. L’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale n’a pas une vocation purement militaire, la défense étant globale et le volet militaire une simple composante. Voulant élargir la notion de Défense je l’avais étendue à des volets insolites mais déterminants, le comportement de l’Homme particulièrement. C’est ainsi que je m’étais penché sur les travaux du Dr. Charles Prestat, vétérinaire et directeur régional, passionné d’éthologie. Cette science étudie le comportement animal et sa relation humaine, c’est passionnant. Le maître à penser en la matière était Konrad Lorenz (décédé le 28 février 1989) dont les travaux ne sont pas connus du petit peuple et non utilisés par la plupart de ceux qui auraient vocation à le faire. L’ironie de l’Histoire montre le sérieux de l’éthologie avec le succès de Luc Jacquet qui a ramassé, le 5 mars 2006, un Oscar à Hollywood pour son long métrage “La marche de l’Empereur”. Luc Jacquet était un étudiant en éthologie. Pour ceux qui s’étonneraient que j’aie inscrit la plupart de mes découvertes dans la démarche de l’IHEDN, je les rassure tout de suite en disant que le Général Norlain, un moment Directeur de l’Institut, m’a encouragé dans cette interprétation !

Ne voulant pas m’embarquer dans une longue analyse éthologique je me bornerai à une anecdote assez significative. Il s’agit du loup. Celui-ci, pour définir et protèger son territoire, urine aux quatre coins du domaine et il est compris des autres loups. Le message est clair. Mais je note avec amusement que s’il en va de même avec l’Homme celui-ci, bien élevé, n’urine pas mais rédige des documents moyennant quoi il se prépare de beaux conflits juridiques. Inconvénient de l’évolution. Pour ne pas quitter le loup, remarquons que dans un conflit le dominé se couche sur le dos, ventre et gorge offerts. Le dominant qui pourrait en profiter constate la soumission et n’éventre pas le dominé. Nous, si. Il est vrai que nous disposons de moyens modernes qui allègent la conscience. Il est plus facile de tuer par moyen interposé (couteau, balle, obus...) que d’égorger de ses mains, évidemment. On peut philosopher longuement là-dessus et je m’arrêterai là. Dans ce domaine neuf, on voit clairement la logique du monde animal et ce que nous en avons de manière innée de notre côté. C’est le programme. Sous cet angle, des comportements connus mais non expliqués deviennent évidents, portant en puissance leur correctif. Ce dernier point n’est pas l’objet de mon livre et je m’en tiens au constat que ces comportements communs s’inscrivent bien dans l’approfondissement de la Chaîne de Vie.

On comprend mieux l’intérêt que j’ai marqué, au début, pour la chaîne animalière débouchant sur l’Homme. A titre indicatif, les oiseaux de proie sont des rapaces, des bêtes nées pour tuer, ce qui est horrible dans une analyse objective de Dieu ou alors cela implique un choix cruel, réaliste, cette version étant celle retenue comme la plus opportune pour ne laisser survivre (et évoluer) que les meilleurs. Je veux bien mais quel voile tragique sur Dieu ! Le pire est que ipso facto on se sent obligé d’étendre l’interprétation du processus à l’Homme. Alors, Dieu dans ces conditions ? Certainement pas, on ne peut que penser à une autre force, non décrite, inexorable, fatale... qui nous entraîne.

Comme pour montrer que les interrogations ne sont pas terminées, je sors enfin une remarque qui reste latente depuis que j’ai écrit sur la reproduction animale. On sait que je ne cesse de répéter que la vie c'est le Sexe et la Mort. La vie pour que se multiplient les gènes, et la Mort... pour que le mécanisme puisse jouer. Chez l'animal, les lois de la nature ont eu cependant des fantaisies hors sexe. Le transfert et à la poursuite, voire la multiplication, de la vie, s’est fait par exemple chez les insectes gallicoles par simple clonage. La femelle du cynips du rosier, entre autres, sans intervention d'un mâle quelconque, pond des oeufs fécondés ou féconds, pratiquement à l'identique. Le cynips - toujours lui, mais "du chêne" - perfectionne sa technique par un accouplement bien conventionnel mâle/femelle; cependant les oeufs donneront uniquement des femelles, lesquelles iront pondre des oeufs féconds, au printemps. Mais est-ce que cette escapade hors-sexe dans le cycle de vie a vraiment de l’importance ? Je n’en suis pas persuadé.

Outre le programme, un facteur apparaît dans la vie, c’est l’imprégnation, la mémorisation. La femelle animale qui s’occupe soigneusement de ses petits ne le fait généralement pas si elle a été élevée hors sa mère. Parfois même elle les considère comme des étrangers, voire des ennemis. C’est comme si l’enseignement reçu de la mère, l’exemple donné, manquant au jeune animal recueilli tôt, celui-ci n’avait pas d’instinct ce sens étonnant de protéger et éduquer ses petits.

Comme pour un rappel à l’ordre, l’Egypte si présente dans mes travaux d’origine, étale sa représentation graphique et artistique liant les Dieux et les animaux. C’est une débauche de jonctions et superpositions au point que la religion égyptienne ne sait se passer de l’emploi de formes hybrides, mi zoomorphes, mi anthropomorphes. Soit animaux entiers, soit Dieux à tête d’animal, le Panthéon égyptien a intimement fondu Religion, Dieux et Animaux, comme le rappelle avec force ce Sphinx mystérieux du plateau de Guizeh. L’Egypte a inspiré aussi Bernard Brunessaux qui s’est attaché au scarabée, autre forme du signe de vie. Connaissant bien l’analyse rosi-crucienne, il a remarqué que celle-ci met en avant le “scarabée solaire” centre de notre cerveau. On peut s’adresser à lui pour avoir le détail de ses travaux. Que l’on ne s’inquiète pas de leur poursuite, il ne risque pas d’oublier. A plusieurs reprises, un scarabée doré de belle dimension, dit-il, est venu honorer sa salle à manger ! Quoi qu’il en soit, il y a des images fortes que l’on ne peut ignorer. Si, en Egypte ancienne, le chien ou le chacal est omni présent (allant jusqu’à la figuration d’Anubis), on le retrouve aussi dans la Bible dans l’APOCALYPSE de JEAN (XXII - 15) par exemple; il y est prescrit : Dehors les chiens... C’est relativement violent et méchant. Mais on retrouve le même esprit - ou le même enchaînement d’un curé cultivé - dans Le Rhin de Victor Hugo. Remarquant qu'une église portait l'inscription "Les chiens hors de la maison de Dieu", surpris et désabusé, le grand auteur avait apporté le commentaire suivant : Si j'étais le digne curé de Selayen, je penserais qu'il est plus urgent de dire aux hommes d'entrer qu'aux chiens de sortir ! Je trouve que c’est une belle spirale de retour ! En fait, je ne m’affole pas avec cela, mais je trouve que ça jalonne le parcours de la chaîne du vivant. Je résiste évidemment à la trop facile envie de jouer de la chaîne du Vivant et de celle ... du Chien.